Sécurité et conformité

Où doivent vivre les données d'une PME industrielle ?

RGPD, secret des affaires et souveraineté : ce qui se joue quand une automatisation fait transiter vos marges et votre carnet de commandes par un service tiers.

Quand on parle protection des données en PME, on pense RGPD et donc données personnelles. Dans l'industrie, le sujet le plus sensible est ailleurs : ce sont vos prix de revient, vos marges, votre carnet de commandes et votre fichier clients. Le RGPD ne les protège pas, ils relèvent du secret des affaires, et personne ne vous imposera de les mettre à l'abri.

Ce qui transite réellement dans une automatisation

Une automatisation de facturation fournisseur fait passer vos conditions d'achat. Une automatisation de devis fait passer vos règles de prix. Un reporting de marge fait passer ce que vous gagnez, affaire par affaire.

Selon la plateforme choisie, ces informations transitent par les serveurs d'un éditeur, souvent américain, parfois sans que la localisation soit clairement annoncée. Ce n'est pas illégal, et c'est parfois acceptable. Mais c'est une décision, et elle doit être prise en connaissance de cause plutôt que subie par défaut.

Les trois questions à poser à tout prestataire

  • Où sont physiquement stockées les données que traite l'automatisation ? Une réponse précise, avec un pays. « Dans le cloud » n'est pas une réponse.
  • Que se passe-t-il si je vous quitte ? Le code produit vous appartient-il ? Pouvez-vous le reprendre ou le faire reprendre par un autre ? Si la réponse est non, vous n'achetez pas une automatisation, vous louez une dépendance.
  • Quels modèles d'intelligence artificielle sont appelés et avec quelles données ? Un modèle qui lit vos factures voit vos prix d'achat. La question n'est pas taboue, elle est normale.

Le cas particulier de la Suisse

Une PME suisse ou travaillant avec des donneurs d'ordres suisses relève aussi de la nLPD, dont les exigences sur l'hébergement sont regardées de près par certains secteurs. Un hébergement en Suisse ou en Europe, sur une infrastructure identifiée, évite la question plutôt que d'avoir à y répondre.

Notre position

Dès qu'une automatisation touche à des données qui feraient plaisir à un concurrent, elle tourne sur une infrastructure européenne que vous contrôlez, ou sur votre propre serveur. Le surcoût est de quelques dizaines d'euros par mois. C'est peu cher pour ne jamais avoir à se poser la question.

Vos marges ne sont pas des données personnelles. C'est justement pour ça que personne ne vous obligera à les protéger.